On croit souvent connaître Londres avant même d’y avoir mis les pieds : Big Ben, les bus rouges, la relève de la garde. Mais la capitale britannique est en réalité une mosaïque de villages, chacun avec son caractère, son marché, son ambiance.

Comme nous l’avions fait pour New York, nous vous proposons donc de découvrir Londres quartier par quartier. Volontairement, cet article ne dresse pas la liste des attractions payantes à cocher : nous les avons réunies dans notre sélection des meilleures expériences testées à Londres. L’idée ici est de vous donner les clés pour flâner, en mêlant les incontournables aux quartiers plus confidentiels qui valent le détour. Bonne nouvelle pour le porte-monnaie : les grands musées nationaux, du British Museum à la Tate Modern, restent gratuits.
Le centre : Westminster, Soho et Covent Garden
C’est le Londres de carte postale, celui des institutions et des théâtres. Autour de Westminster et de ses palais, on longe la Tamise avant de remonter vers les vastes parcs royaux de St James’s et Hyde Park, poumons verts en accès libre. Plus au nord, Soho concentre depuis des décennies la vie nocturne, les bars et une scène gastronomique cosmopolite, avec le petit Chinatown à ses portes.

Juste à côté, Covent Garden et sa halle couverte rassemblent artistes de rue, boutiques et cafés. C’est aussi le quartier des grands musées gratuits, à commencer par la National Gallery, sur Trafalgar Square, où l’on entre voir Van Gogh ou Turner sans débourser un penny.
La City et l’East End : de la finance à la contre-culture
Le cœur historique de Londres, la City, est à la fois le quartier d’affaires hérissé de gratte-ciel et le berceau romain de la ville. On y déniche des trésors cachés, comme le marché de Leadenhall, une somptueuse halle victorienne de 1881 aux allures de décor, qui a d’ailleurs servi de Chemin de Traverse dans les premiers films Harry Potter.

En glissant vers l’est, l’atmosphère change du tout au tout. Shoreditch et Brick Lane forment l’épicentre du Londres alternatif, entre street art à chaque coin de rue, friperies et marchés du dimanche. Brick Lane, cœur de la communauté bangladaise, aligne les restaurants de curry et deux boulangeries rivales qui vendent leurs beigels vingt-quatre heures sur vingt-quatre depuis les années 1970.
Le long de la Tamise : South Bank et Southwark
Sur la rive sud, une longue promenade piétonne relie les ponts du centre en enfilade. C’est l’un des plus beaux itinéraires à pied de la ville, ponctué de lieux culturels majeurs comme la Tate Modern, installée gratuitement dans une ancienne centrale électrique, et du Borough Market, temple de la gastronomie où l’on grignote de stand en stand.

À deux pas de la gare de Waterloo, ne manquez pas le tunnel de Leake Street, seul endroit de Londres où le graffiti est parfaitement légal. Né d’un festival organisé par Banksy en 2008, ce passage souterrain se couvre et se recouvre chaque jour de nouvelles fresques, dans une explosion de couleurs et d’odeurs de bombe aérosol.
Le nord bohème : Camden, Little Venice et Hampstead
Camden reste le quartier le plus rock de Londres, avec son marché tentaculaire installé autour des écluses du canal. De là, on peut suivre à pied le Regent’s Canal, qui longe le zoo de Londres, jusqu’à Little Venice, un ravissant carrefour de canaux bordé de péniches habitées et de saules, à mille lieues de l’agitation touristique.

Plus haut encore, Hampstead cultive son air de village cossu en lisière de Hampstead Heath, une vaste étendue sauvage où les Londoniens viennent se baigner dans des étangs naturels. Depuis le sommet de Parliament Hill, la vue sur la ligne d’horizon de la ville est même officiellement protégée par la loi.
L’ouest : Notting Hill, Kensington et Richmond
Notting Hill, ce sont les fameuses maisons aux façades pastel et le marché de Portobello Road, considéré comme le plus grand marché d’antiquités au monde. Mais c’est surtout, chaque fin août, le décor d’une fête hors norme.

Un peu plus au sud, South Kensington aligne trois musées gratuits et prestigieux, dont le Muséum d’histoire naturelle et le Victoria and Albert. Et pour une vraie bouffée d’air, poussez jusqu’à Richmond, à l’ouest, où un immense parc royal abrite des troupeaux de cerfs en liberté, à quelques minutes du centre en métro.
Le sud qui monte : Brixton, Peckham et Dulwich
Longtemps ignoré des guides, le sud de Londres est aujourd’hui l’un des plus vivants. Brixton, cœur historique de la communauté caribéenne arrivée avec la génération Windrush, vibre autour de son marché couvert, le Brixton Village, et de ses cuisines du monde. C’est aussi ici qu’est né David Bowie, à qui une fresque rend hommage.
Voisine, Peckham est devenue le repaire de la jeune création : l’été, on monte sur le toit d’un ancien parking en béton pour boire un verre face au panorama de la ville. Plus au sud, le quartier huppé de Dulwich cache une petite merveille méconnue.

Non loin de là, la Dulwich Picture Gallery a ouvert en 1817 et fut la première galerie d’art publique construite comme telle au monde, avec ses Rembrandt et ses Rubens à l’écart des foules.
Greenwich : à cheval sur le méridien
Au bord de la Tamise, à l’est, Greenwich forme un ensemble maritime si remarquable qu’il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y visite le grand voilier Cutty Sark, on grimpe à travers le parc jusqu’à l’Observatoire royal, et on prend la pose, un pied dans chaque hémisphère.

L’empreinte britannique, jusqu’en Méditerranée
Ce goût des marchés, des vieilles pierres et des quartiers à part, on le retrouve bien au-delà de l’Angleterre. À Malte, ancienne colonie britannique jusqu’en 1964, on roule à gauche, on trouve des cabines téléphoniques rouges et l’anglais reste langue officielle : un curieux prolongement méditerranéen de tout ce que vous aurez vu à Londres.

Envie de dompter Londres sans vous perdre dans l’immensité de ses quartiers, en construisant un séjour à votre rythme et selon vos envies ?




